[MIE] L’aérogel malais pour une isolation à petit prix

30 novembre 2022, par Eloise

Catégorie : Actualités produits

Matériau aux caractéristiques isolantes étonnantes, l’aérogel dans sa dernière version restait très coûteux. Suite aux recherches d’une jeune scientifique de Malaisie, un nouveau procédé de production de l’aérogel vient de voir le jour, ce qui permettrait à l’isolant d’être accessible aux particuliers dans un avenir proche.

Bientôt accessible à tous

Ayant vu le jour en 1931, l’aérogel est un matériau isolant issu des nanotechnologies, un procédé de fabrication nécessitant le croisement de plusieurs disciplines scientifiques. Difficile à produire, ce matériau demeure encore particulièrement coûteux et son usage se limite à quelques niches industrielles et scientifiques. La production d’un kilo d’aérogel coûte approximativement 1 800 euros, faisant revenir à près de 5,4 euros le litre. Parmi les différentes variétés d’aérogel, l’aérogel de silice est la plus courante.

Le Docteur Halimaton Hamdan de l’Université de Malaisie, diplômée de Cambridge a alors récemment découvert une solution qui permettrait de réduire par cinq le coût de fabrication de l’aérogel de silice. Grâce au son de riz, la fine couche qui enveloppe le grain, le coût de fabrication de l’aérogel est estimé à 400 euros le kilo, soit un peu plus d’un euro le litre. Comparé au prix des autres isolants existants, celui de l’aérogel demeure encore coûteux, mais avoir réussi à réduire de 80 % les coûts de fabrication constitue déjà une étape considérable pour la commercialisation du matériau.

Aérogel : un isolant hautement performant

L’aérogel est un solide dont la densité se limite à quelque trois grammes par litre, environ le double de celui de l’air, faisant de lui le matériau le plus léger qui soit. Constitué à près de 99 % d’air, l’aérogel est un solide transparent doté d’un coefficient de conductivité thermique de 0,011 à 0,013 W/m.K, soit le plus faible coefficient pour un solide. Cela fait du matériau un excellent isolant thermique, avec une performance trois plus importante que celle de la laine de verre, un isolant largement utilisé dans l’habitat.

L’isolant résiste à des températures de 200 °C et se désagrège au-delà de 1 200 °C. Perméable à la vapeur d’eau, l’aérogel est particulièrement souple, pouvant supporter 2 000 fois son poids. Comme il présente des performances thermiques hors normes, la quantité d’aérogel nécessaire pour bien isoler un bâtiment sera réduite, comparée à la quantité d’isolant classique. Pour que le grand public puisse bénéficier des performances de l’aérogel, Halimaton Hamdan et son équipe ont bénéficié d’une aide financière d’environ 41 millions d’euros pour poursuivre leurs recherches, afin de réduire au maximum le coût de fabrication de l’aérogel.